Le livre que je lis en ce moment

Mardi 27 octobre 2009



AVERTISSEMENT AU LECTEUR

(L'auteur plaide non coupable)

Ceci est un livre sur la fin du monde et, en tant que tel, il traite de recettes diététiques, de maîtres à penser, d'évadés de prison qui rampent dans des égouts, d'éditeurs débordés, de l'effondrement de l'économie nord américaine et de la culture extensive de la luzerne. À un moment, je crois, il y a aussi quelqu'un qui perd un doigt. Ceci est une histoire d'apocalypse : Gentille Apocalypse. Elle parle d'une épidémie dévastatrice de bonheur, de chaleur humaine infectieuse et d'une mystérieuse roulotte aux confins du désert...
Il pourrait y avoir pire. La première mouture du manuscrit se terminait sur l'invasion massive des états unis par une armée de canadiens français. Véridique. Mais mon éditeur au coeur de pierre m'a fait couper cette partie là, ce qui nous ramène à la vraie question : les éditeurs sont ils un mal nécessaire ou bien une nécessité malheureuse?



Bonheur, marque déposé de Will Ferguson

Par Hephaistos639
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Jeudi 22 octobre 2009

 

« Le problème avec le sexe, c’est que c’est la même chose qu’avec n’importe quelle addiction. Vous êtes toujours en instance de guérison. Vous rechutez toujours. Vous passez à l’acte. Jusqu’à ce que vous trouviez un motif de vous battre pour, vous vous contentez de trouver à vous battre contre. Tous ces gens qui disent qu’ils veulent une vie libérée de toute compulsion sexuelle, je veux dire, oubliez ce qu’ils racontent. Je veux dire par là, qu’est-ce qui pourrait bien être meilleur que le sexe ?

Il est certain que la pipe la plus mal taillée est meilleure que, disons, sentir la plus superbe des roses… contempler le plus splendide des couchers de soleil. D’entendre des enfants rire.

A la minute où se pointe quelque chose de mieux que le sexe, appelez-moi. Laissez-moi un message urgent. »

Chuck Palahniuk, Choke



Un livre que j'ai vraiment lu mais dont la citation fut retrouvée par hasard sur sexactu.com

Par Hephaistos639
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Lundi 19 octobre 2009

Un jour, j'ai fais un cour à mes étudiants sur le sens à donner au travail. C'était censé être une petite introduction pour les inciter à réfléchir à Derrida. On passe en revue Saussure et tous les trucs de base, puis je leur montre une reproduction de la Fontaine de Duchamp - cet urinoir qui a été élu oeuvre la plus influente du XXe siècle - et je leur demande s'il s'agit d'art ou pas. Dans le cours en question, la plupart des étudiants avaient commencé à arguer qu'un urinoir ne pouvait être considère comme de l'art ; deux ou trois d'entre eux s'étaient même pas mal énervés et s'étaient mis à parler de Picasso, du fait que même leurs enfants étaient capables de faire mieux, et que l'installation qui venait de gagner le prix Turner, avec la lumière qui s'allume et qui s'éteint... J'avais cru que ce serait un cours facile.
Tout ce que je voulais démontrer, c'était que ce qu'on appelle "urinoir", que l'on entend comme ce dans quoi les hommes pissent, ne diffère de ce qu'on appelle "peinture", que l'on comprend comme peinte sur une toile, qu'à travers le langage qu'on emploie pour les designer. Et le fait que l'on choisisse ou non de regrouper ces deux éléments dans la catégorie "art" dépend essentiellement de notre manière de définir l'art. Mais les étudiants avaient du mal à l'intégrer et je me suis sentie terriblement frustrée. Je me souviens m'être dit : "allez vous faire foutre. Je serais bien mieux chez moi, dans ma cuisine, à boire un café". Je leur avais expliqué que tout, en ce monde, était constitué des mêmes quarks et des même électrons. [...] J'avais donc enchaîné sur le fait qu'on pouvait comparer, de façon très concrète, l'urinoir à, disons, la Joconde. Que ce qu'ils pensaient être la réalité était entièrement relatif à la position depuis laquelle ils le considéraient. Sous un microscope suffisamment puissant, l'urinoir et La Joconde apparaîtraient comme identiques.


La fin des mystères de Scarlett Thomas

Par Hephaistos639
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Jeudi 15 octobre 2009

Je me trouve sur un parking à Leeds au moment ou j'annonce à mon mari que je ne veux plus être sa femme. David n'est même pas dans la voiture avec moi. Il est à la maison avec les enfants et je lui téléphone sur mon portable pour lui rappeler de faire un mot pour Molly. Le reste, eh bien... le reste m'échappe. Une erreur, c'est sur. Même si je suis apparemment, et à ma grande stupéfaction, le style de personne capable de dire à son mari qu'elle le quitte, je ne pensais pas être capable de dire une chose pareille au téléphone, au milieu d'un parking. Comme quoi on se fait des fausses idées sur soi-même. Je peux affirmer que j'ai une bonne mémoire des noms, par exemple, puisque j'en ai retenu des milliers et n'en ai oublié qu'un ou deux. Mais mettre fin à son mariage, les gens font ça ne bonne fois pour toutes, ou pas du tout. Et si je choisis de le faire sur un portable dans un parking de Leeds, je ne peux pas ensuite prétendre que ce n'est pas mon genre, pas plus que Lee Harvey Oswald n'aurait pu prétendre que ce n'était pas son genre d'assassiner un président. Il faut parfois accepter d'être jugé sur une seule de nos actions.


La bonté : mode d'emploi de Nick Hornby

Par Hephaistos639
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Dimanche 20 septembre 2009


En résumé, nous vivions dans une cité de logements sociaux où la lecture était considérée comme le mélange le plus répugnant possible de paresse et de prétention, et où - à ma connaissance - seules ma mère et moi étions inscrites à la bibliothèque. Tandis que les autres gamins couchaient les uns avec les autres (et ça commençait vers huit ans) et que les adultes buvaient, jouaient, élevaient des chiens de combat et des chats galeux, tout en réfléchissant au moyen de devenir riches et célèbres, ma mère m'y emmenait de temps à autres pour me laisser dans la zone enfants pendant qu'elle partait en quête du sens de la vie dans les bouquins sur l'astrologie, la guérison par la foi et la telepathie. 
Sans elle, je n'aurais probablement jamais soupconné l'existence des bibliotheques. C'est la seule bonne chose qu'elle ait faite pour moi. Le soir, elle restait assise en bas, en robe de chambre rose, à attendre les extraterestres, pendant que mon père m'emmenait au parc pour me photographier 
 en train de démonter des bancs en alu ou de faire des graffitis sur les murs du métro - pour envoyer le résultat au journal local comme preuve que la mairie n'était pas près de gagner la guerre contre la délinquance local.


La fin des mystères de Scarlett Thomas.

Par Hephaistos639
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Dimanche 13 septembre 2009

Je suis retourné dans ma chambre, j'ai enfilé mon jean et je l'ai suivi dans le couloir. Sa chambre était immense et elle sentait pas le poisson ; elle sentait un produit chimique qui avait dû être utilisé pour tuer des allemands pendant la guerre ou quelque chose comme ça. Il avait sa propre salle de bains, une télé, un lit à deux places et un canapé. J'avais rien de tout ça.
"Là-dessous, il a dit en montrant le coté du lit contre le mur. Si vous sentez autre chose par terre, laissez. Et si jamais vous touchez quelque chose, j'ai du savon au phénol. Tout un lot."
C'était un des trucs les plus dégoûtants qu'on m'ai jamais dit de ma vie et, en enfonçant la main dans le creux, j'ai vraiment eu les jetons. Qu'est ce que je risquais de toucher ? Le cadavre de son chien ? De sa femme ? Des vieux morceaux de poisson qu'il avait pas voulu manger et qu'il avait éjectés de son assiette à coté du lit depuis 20 ans ?
C'est la que j'ai décider de rentré à la maison. Il était quatre heures du matin, j'allais peut être poser la main sur les restes pourrissants d'un vieux clebs et j'étais payé vingt livres pour une journée de boulot à plein temps qui était en fait une journée entière plus la moitié d'une nuit pendant laquelle je devais me coltiner des chiens morts. Or vingt livres, c'était exactement ce que me coûtait la nuit dans ce sale boui-boui puant. Et il était pas impossible que l'odeur de poisson soit en réalité une odeur de chien en décomposition. Donc j'allais bosser toute la journée pour un bénef de zéro livre et zéro penny

Slam de Nick Hornby

Par Hephaistos639
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Dimanche 30 août 2009


- " Hodgesouille ?

- Oui, mademoiselle ?

- Je ne suis pas une experte, évidemment,mais je crois me rappeler que, selon la légende communément rependue du phénix, le petit ne voit jamais ses parents. On n'a qu'un phénix à la fois. C'est automatiquement un orphelin. Vous comprenez ?

- Hum... est-ce que je peux ajouter quelque chose ? Fit Lavoine. Mademoiselle Créttine a raison, je dois dire. Le phénix bâtit son nid, prend soudain feu, et le nouvel oiseau naît de ses cendres. Je l'ai lu. De toute façon, c'est une allégorie.

Hodgesouille se retrouva seul avec sa marionnette à grain, son appeau, son sac à dos et un fort sentiment de gêne. On lui avait appris à respecter les sorcières, et mademoiselle Créttine en était une. L'homme qui l'accompagnait n'était pas une sorcière, mais ses manières l'apparentaient à ces gens que Hodgesouille classait intérieurement sous l'étiquette « mes supérieurs », une catégorie relativement importante, il est vrai. Il n'allait pas contester ses supérieurs. Hodgesouille était un système féodal personnifié.

D'un autre coté, se disait-il tandis qu'il pliait bagage et s'apprêtait à repartir, les livres qui traitaient du monde étaient le plus souvent écrits par des gens qui s'y connaissaient beaucoup mieux en livres qu'en monde. Cette histoire d'oiseau naissant des cendre était sûrement due à un type qui ne savait rien de la gent ailée. Quant à l'existence d'un seul phénix à la fois, eh bien, celui qui avait pondu ça aurait mieux fait de sortir plus souvent prendre l'air et rencontrer des dames ".

 


Les annales du disque-monde T.23 : Carpe jugulum de Terry Pratchett

Par Hephaistos639
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Jeudi 9 juillet 2009

Janer ne savait quoi penser de Keech, à présent que cet homme avait tenté d'assassiner quelqu'un. Voir un individus se comporter de la sorte modifiait radicalement l'opinion qu'on avait de lui. On prenait conscience qu'à un niveau émotionnel les gens n'étaient pas que la somme des choses qu'on savait sur eux, qu'ils avaient des liens et des obligations propres à une existence dans laquelle l'observateur ne tenait qu'un rôle somme toute mineur.

L'ecorcheur de Neal Asher

Par Hephaistos639
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Jeudi 11 juin 2009

 

Les femmes sont souvent flattées pour leur apparence, comme si c'était un exploit. Le but de cela est, comme j'espère que tu l'apprendras, de nous rendre vaniteuses et de nous dresser les unes contres les autres en séparant les belles des ordinaires. Avec le temps, toutes les femmes, même les plus ravissantes, perdent la beauté de la chair. Devons nous vivre dans la crainte de cela ?



Les mémoires d'Elizabeth Frankenstein de Theodore Roszak

Par Hephaistos639
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Mardi 2 juin 2009

Mais pourquoi dis-je « l'homme » quand je veux dire « les hommes » ? Pourquoi accepté-je si généreusement que les femmes portent une partie de la honte ? Qui sont les pilleurs des villes et fauteurs de guerre ? Qui massacrent l'innocent et écrasent le visage du pauvre ? Qui sont les esclavagistes, les pirates, les vandales ? Qui sont les chasseurs de sorcières, les inquisiteurs et les bourreaux ? Je ne peux pas les nommer tous ; mais je sais cela : quels que soient leurs noms, ce ne sont pas des noms de femmes. Si je travers un village brûlé, jonché de corps, je peux ne pas connaître la race ou la nation de ceux qui ont commis ce crime ; mais ai-je besoin de m'enquérir de leur sexe ?


Les mémoires d'Elizabeth Frankenstein de Theodore Roszak

 

Par Hephaistos639
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  Michel de Montaigne


"A force d'enculer les poules on finit par casser les oeufs"
(entendu dans le poulpe)

"Le bruit de l'un peut être la musique de l'autre" André Schaeffner
 

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